Un écoquartier, c’est quoi ?

Un écoquartier est un projet d'aménagement qui doit respecter tous les principes du développement durable, tout en s'adaptant aux caractéristiques de son territoire. – Ministère du logement et de l'habitat durable

Les 4 piliers de la démarche de labellisation : enjeux et objectifs

Gouvernance

Démarche et processus
FAIRE DU PROJET AUTREMENT

Pilotage, concertation, financement, évaluation…

Social

Cadre de vie et usages
FAVORISER LE VIVRE ENSEMBLE

Mixité sociale et intergénérationnelle, formes urbaine, sécurité…

Économie

Développement territorial
DYNAMISER LE TERRITOIRE

Mixité fonctionnelle, mobilité durable, emplois, filières locales…

Environnement

Préservation des ressources et adaptation au changement climatique
PROMOUVOIR UN MODE DE VIE DURABLE

Biodiversité, eau, énergie, nature en ville…

Démarche de labellisation : un processus, des outils

La démarche de labellisation s’articule autour d’une grille de 20 engagements qui s’accompagnent chacun de critères qualitatifs (ex : l’écoquartier favorise-t-il la  régulation des vitesse de circulation, la collectivité a t-elle porté une réflexion sur la pratique des futurs usagers, un diagnostic des nuisances a t-il été réalisé…) et d’indicateurs chiffrés (ex : % de logements sociaux, % d’espaces publics, % surface imperméabilisée, % d’électricité produite à partir d’énergie renouvelable…)

Au total une centaine de questions sont posées dans le dossier de labellisation. Ainsi, c’est à la fois :

  • Un outil de travail pour enrichir le projet dans le sens des objectifs de développement durable.
  • Un outil d’évaluation du projet dans le temps.

Pour être labellisé, le projet Daudet doit apporter une réponse à l'ensemble des engagements, c'est-à-dire, a minima formaliser une réflexion contextualisée et au mieux, affirmer des actions exemplaires et innovantes.

Quatre étapes vers le label ÉcoQuartier

La démarche de labellisation comporte 4 étapes, correspondant aux différents stades du projet : conception, chantier, livraison et vécu 3 ans après la livraison. Les projets sont ainsi suivis dans le temps et entrent dans une démarche d’amélioration continue.

Label ÉcoQuartier – étape 1 : L’ÉcoQuartier en projet

Il est obtenu par la signature de la charte ÉcoQuartier (20 engagements) par les élus et leurs partenaires pour le projet concerné. Cette étape correspond au démarrage de la phase d’étude du projet par la collectivité territoriale. Dès cette étape, les acteurs du projet sont invités à l’identifier avec le label et le projet est répertorié comme « labellisé étape 1 » dans la communication nationale.

Label ÉcoQuartier – étape 2 : L’ÉcoQuartier en chantier

Une fois les études achevées et le chantier engagé, une expertise du projet est réalisée pour vérifier la conformité du projet à la charte ÉcoQuartier. Les conclusions de l’expertise sont débattues avec la collectivité et ses partenaires, afin d’ajuster si nécessaire les suites du projet. Le label ÉcoQuartier – étape 2 est délivré par la commission nationale ÉcoQuartier sur proposition de la commission régionale, après présentation des conclusions des experts.

Label ÉcoQuartier – étape 3 : L’ÉcoQuartier livré

Dans les mêmes conditions que l’étape 2, lorsque l’ÉcoQuartier est livré (ou quasi livré), une expertise est réalisée pour l’obtention du label ÉcoQuartier – étape 3. Il est délivré par la commission nationale ÉcoQuartier sur proposition de la commission régionale, après présentation des conclusions des experts.

Label ÉcoQuartier – étape 4 : L’ÉcoQuartier vécu et confirmé

Trois ans après l’obtention du label – étape 3, la collectivité mesure la tenue de ses engagements dans le temps, la façon dont les usages projetés sont appropriés par les usagers du quartier. Par ailleurs, elle présente également la façon dont les pratiques d’aménagement ont évolué au sein de la collectivité, au-delà du périmètre opérationnel du quartier. Cette étape s’appuie sur la mise en place d’une démarche d’auto-évaluation associant les habitants et usagers du territoire, et tournée vers l’amélioration continue (à l’échelle du projet, et dans les pratiques au-delà, sur le territoire de compétence de la collectivité). Cette étape est validée par la commission nationale.

Concrètement pour l’écoquartier Daudet

Après la signature de la Charte ÉcoQuartier le 18 Juillet 2013 par la ville (étape 1), le projet Daudet a obtenu, le 8 Décembre 2016, le Label ÉcoQuartier – étape 2 : L’ÉcoQuartier en chantier.

Le label niveau 2 est attribué aux opérations dont le chantier a débuté et pour lequelles le projet répond aux 20 engagements de la Charte ÉcoQuartier, en phase « objectif ». Pour chacun des quatre piliers, la synthèse, ci-après, présente de façon non exhaustive, la manière dont l’écoquartier Daudet répond aux 20 engagements.

En terme de démarches et processus, les 4 points forts du projet Daudet sont les suivants :

Profil développement durable des opérations

Le profil développement durable des opérations est un outil de travail. Il permet de concrétiser et suivre les objectifs de développement durable de la ZAC lors de l’élaboration, de la mise en œuvre et de l’évaluation des projets d’îlot grâce :

  • au Tableau d’Engagement Développement Durable (TEDD) qui résume et liste, sous forme d’engagements, l’ensemble des mesures à mettre en œuvre, par les opérateurs, de manière obligatoire et optionnelle ;
  • à la méthodologie de travail spécifique, autour des tables rondes stratégiques et techniques, faisant dialoguer l’ensemble des acteurs

Évaluation

L’évaluation permet de mesurer l’atteinte des objectifs dans une optique d’amélioration continue. Elle se traduit notamment par :

  • l’évaluation des démarches et outils mis en place par la collectivité. Ex : évaluation du dispositif d’ateliers participatifs… ;
  • l’évaluation des consommations (eau, électricité…) sur le domaine public et dans les bâtiments en partenariat avec les opérateurs ;
  • l’évaluation des usages et du fonctionnement de l’écoquartier (questionnaires aux futurs habitants, aux usagers des espaces publics…)

Communication et sensibilisation

L’accompagnement vers un mode de vie durable est essentiel à la bonne mise en oeuvre de l’écoquartier. Il est rendu possible à travers la mise en place d’une stratégie de communication et de sensibilisation essentiellement articulée autour :

  • des livrets de sensibilisation aux éco-gestes pour les habitants et les gestionnaires (tri des déchets, réduction des consommations…) ;
  • de réunions d’information et de sensibilisation sur les caractéristiques de l’écoquartier ;
  • de l’édition d’un journal de projet trimestriel pour informer et sensibiliser les riverains du projet et les habitants de l’écoquartier ;
  • du développement de nouvelles pratiques (espaces de compostage en pied d’immeuble, bornes de recharge électrique pour véhicules sur l’espace public…)

Participation citoyenne

L’appropriation du nouveau quartier par les futurs habitants et les riverains actuels est favorisée par la mise en place :

  • de dispositifs de concertation tout au long du projet : ateliers participatifs, visite de site ;
  • de réunions publiques sur l’élaboration du plan de composition de la ZAC ;
  • d’atelier de réflexion sur les usages et l’aménagement de la bande paysagée le long du mail central…

En terme de cadre de vie et usage, les 3 points forts du projet Daudet sont les suivants :

Mixité sociale et générationnelle

La politique volontariste en terme de mixité sociale et générationnelle s’applique dans un souci d’accès au logement au plus grand nombre. Elle se traduit par les actions suivantes :

  • répartition programmatique ambitieuse ;
  • typologie d’habitat variée (collectif, petit collectif, habitat intermédiaire) ;
  • opération(s) de logements intergénérationnels ;
  • opération(s) en habitat participatif.

Optimisation du foncier en centre urbain

Le projet Daudet répond aux enjeux métropolitains de limitation de l’étalement urbain grâce à  :

  • une politique communale de réserve foncière sur le long terme ;
  • une densification raisonnable et qualitative s’appuyant sur les équipements et services existants ;
  • une offre de logements et d’un cadre de vie attractif répondant aux besoins du plus grand nombre.

Logement abordable

L’écoquartier Daudet est un projet qui favorise des parcours résidentiels complets par une offre de logements diversifiée et abordable garantie par :

  • la maîtrise des prix de sortie des logements, estimés entre 2200€ et 2300€/m² en accession sociale et entre 2500€ et 2600€/m² en accession privée (TVA 5,5% incluse) ;
  • la maîtrise des futures charges pour les habitants (chauffage, eau, entretien des espaces communs…) grâce aux choix architecturaux et techniques dans les bâtiments et un travail avec les opérateurs sur l’économie générale de leur opération (bilan économique).

En terme de développement territorial, les 3 points forts du projet Daudet sont les suivants :

Mixité fonctionnelle

Le développement d’une vie de quartier favorisant le vivre ensemble est une objectif fort du projet qui s’appuie sur :

  • une mixité fonctionnelle (logements, commerces, équipements existants…)
  • des espaces publics généreux (50% de la surface de la ZAC) et fédérateurs : jardins familiaux, citystade, placette centrale, ballade urbaine végétalisée et support d’activités, de détente et de loisirs…

Polarité de quartier

L’apport d’une nouvelle population (env. 900 habitants) permet à la fois de :

  • maintenir et renforcer l’offre existante : Zones d’activités de la ZAC Centre, équipements publics et scolaires
  • répondre à des besoins spécifiques aujourd’hui non couverts sur le secteur comme l’installation de commerces et services de proximité, au cœur du quartier.

Mobilité durable

La mobilité durable dans le projet Daudet est le reflet d’une politique de valorisation des offres alternatives à la voiture afin de rééquilibrer les différents modes de déplacement pour un accès plus équitable à la mobilité. Concrétement cela se traduit par :

  • la création de voiries apaisées propices aux déplacements actifs (vélo, marche) ;
  • le renforcement et développement d’offres alternatives : transports en commun structurants (ligne C6, amplitudes horaires et fréquences augmentées sur les lignes proximo…) ; stationnements cycles sécurisés et confortables ; installation de CitéLib…

En terme de préservation des ressources et d’adaptation aux changements climatiques, les 4 points forts du projet Daudet sont les suivants :

Nature en ville

La préservation de la biodiversité et la valorisation de la nature en ville s’illustre par :

  • 40% d’espaces végétalisés (cœurs d’îlots privés et espaces publics confondus) ;
  • relocalisation des jardins familiaux et création d’un jardin pédagogique pour le collège H. Wallon ;
  • prolongement de la trame verte à l’échelle de la commune et de l’agglomération ;
  • installation d’abris pour la petite faune ; essences végétales locales…

Sobriété et efficacité énergétique

Le choix a été fait de porter une vision homogène en terme de sobriété et d’efficacité énergétique :

  • conformité du bâti neuf à la RT2012 a minima sur l’ensemble de la ZAC et incitation des opérateurs à aller au-delà en fonction du contexte ;
  • raccordement au chauffage urbain (50% d’énergie renouvelable) ;
  • multi-orientation des logements avec un minimum d’ensoleillement par jour.

Gestion des eaux pluviales

La mise en œuvre d’une stratégie globale de gestion des eaux pluviales (domaine public et privé) tend vers le «0 rejet» grâce à :

  • la réduction des ruissellements à la source (cœurs d’îlot et toitures végétalisés, choix de matériaux de revêtement de sol perméables) ;
  • la rétention des ruissellements collectés (noue de rétention le long du mail central, caissons de rétention enterrés) ;
  • la régulation des débits restants envoyés vers le réseau d’assainissement.

Gestion des espaces verts

Le développement d’une approche écologique du mode de gestion des espaces publics et verts s’applique à l’échelle de la collectivité avec Daudet comme site d’expérimentation :

  • choix d’essences végétales locales ;
  • aménagements compatibles avec un entretien mécanique des espaces verts et pas d’arrosage automatique ;
  • gestion raisonnée des espaces verts et objectif « zéro phyto » dans les espaces verts publics, les jardins familiaux et les cœurs d’îlots privés.